Il y a des mandats qui ne s’écrivent pas sur du papier, mais se dessinent dans le mouvement, là où la théorie rencontre la richesse du territoire vivant.

Le 17 décembre dernier, c’est avec cette volonté de « faire sens ensemble » que ma collègue, Flavie Lavallière, et moi-même sommes allées à la rencontre de Parole d’excluEs pour leur offrir une formation sur la gestion de projets collectifs.

 

Le développement collectif comme levier social

Chez Communagir, nous croyons que le développement collectif est un puissant levier de transformation sociale. Mais sur le terrain, cette transformation passe par des questions très concrètes : comment accompagner une initiative citoyenne sans en prendre le contrôle ? Comment structurer l'action tout en laissant l'espace nécessaire à l'émergence ? Comment s’organiser pour que chaque voix compte, sans s'épuiser en chemin ?

Accompagner l’équipe de Parole d’excluEs, c’était plonger au cœur de ces dynamiques. Dans son quotidien, l’équipe de chargé·es de projet soutient des démarches portées par les citoyen·nes du quartier. Notre rôle a été de les outiller pour que la gestion de leurs projets devienne un espace de renforcement du pouvoir d’agir, et non un fardeau administratif.

 

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Un mandat « sur mesure », une posture en mouvement

Dès la conception de cette journée, le défi était clair. Les personnes chargées des projets ne cherchaient pas une recette miracle ou un manuel rigide. Elles cherchaient des repères pour habiter une posture délicate : celle d’accompagner des démarches initiées par et pour les citoyen·nes, tout en offrant la structure nécessaire à l’action.

Pour répondre à ce besoin, nous avons choisi de troquer la posture de « formatrices expertes » pour celle de partenaires de réflexion. Le « sur-mesure » chez Communagir, ce n’est pas seulement adapter une présentation, c’est avoir l’agilité de transformer la salle de formation en un véritable laboratoire de terrain. Nous avons abordé la gestion de projet non pas comme une ligne droite, mais comme un organisme vivant qui demande une attention constante à la relation.

Croiser les connaissances pour transformer

L’un des piliers de notre intervention a été de relier les savoirs théoriques aux précieuses pratiques de terrain. Chez Communagir, nous savons que le savoir n’est pas une matière inerte que l'on transmet : il est un processus vivant qui se construit dans l’action, l’échange et la réflexion partagée. Nous avons donc fait le choix de transformer la formation en un espace de dialogue où les concepts de gestion de projets collectifs rencontrent la « vraie vie » d’un arrondissement de Montréal. Cela passait notamment par des temps de réflexion individuelle ou en sous-groupe, ainsi que l’utilisation de situations réelles comme support aux réflexions collectives.

Cette proposition a été renforcée par notre travail en dyade. Nous n’étions pas là comme des « expertes » venant livrer une vérité universelle, mais comme des facilitatrices venues favoriser l’hybridation des connaissances. En croisant nos regards de conseillères avec les expertises de proximité de l’équipe, nous avons créé une zone de rencontre où les défis vécus devenaient des opportunités d’apprentissage.

Apprendre en accompagnant

Comme me le rappelle souvent ma pratique chez Communagir, la coconstruction ne se planifie pas, elle se vit. Chaque échange avec l’équipe de Parole d’excluEs a été pour moi une occasion d'affiner ma propre lecture des enjeux de mobilisation.

Je suis repartie de cette journée avec la conviction renforcée que la gestion de projet, lorsqu'elle est souple et humaine, devient un puissant levier de transformation sociale. Ce n'est plus une contrainte administrative, mais une manière de prendre soin de l'élan collectif.

Dans un monde où tout se transforme, notre plus grande force à Communagir reste notre capacité à demeurer des « guides-défricheur·euses » au service de ceux qui, chaque jour, tissent les mailles du bien commun.

Merci à Parole d’excluEs de nous avoir fait confiance pour ce moment de réflexion partagée. C’est là, dans le croisement des savoirs, que jaillit l’étincelle.

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