On planifie le développement différemment d’une collectivité à l’autre. On ne se fixe pas les mêmes objectifs, on n’utilise pas les mêmes stratégies, on ne met pas en œuvre le changement de la même manière. L’état de situation et le diagnostic sont des exercices qui permettent de s’orienter et faire des choix éclairés.

Qu’est-ce qu’une collectivité territoriale?

Une collectivité est constituée d’individus, de groupes, d’organisations et d’institutions qui sont en interaction. La collectivité est un système dynamique et complexe, en continuelle évolution. Les relations entre ses différentes composantes y jouent un rôle important.

La collectivité est également ancrée sur un territoire géographique. Ce territoire est suffisamment petit pour être considéré comme un milieu de vie où règne un sentiment d’appartenance (un quartier, un arrondissement, un village, une ville, une région, etc.). Il est aussi suffisamment grand pour avoir des institutions qui lui sont propres et une certaine forme de gouvernance.

Le territoire est au centre de la notion de collectivité. La conception du territoire et de ses limites résulte d’une diversité de constructions historiques, sociales, politiques et administratives (municipalité, quartier, MRC, régions, territoire de CISSS et CIUSSS, territoire scolaire, paroisse, etc.). Selon les cas, ces découpages territoriaux correspondent plus ou moins au territoire d’appartenance des citoyen·nes qui y habitent.

L’amorce d’une démarche

Une démarche collective peut émerger en réponse à une situation émergente, c’est-à-dire qu’en prenant conscience d’un problème à résoudre ou d’une situation à améliorer, une personne ou un groupe cherche à sensibiliser d’autres acteur·rices de la collectivité en les invitant à s’associer pour passer à l’action.

Une démarche collective peut également se mettre en place autour d’une opportunité extérieure, notamment sous l’impulsion d’orientations gouvernementales ou philanthropiques qui y sont associées. Ces opportunités peuvent soutenir la mise en œuvre d’actions autour de certains enjeux définis nationalement, régionalement ou localement.

Dans les deux cas, une première étape peut être la réalisation d’un état de situation. Il permet entre autres de sensibiliser les acteur·rices, de mieux comprendre sur quoi on souhaite agir et de se doter d’un point de départ.

Une démarche collective gagne également à refaire ponctuellement un exercice d’état de situation et de diagnostic. Il s’agit d’une pratique utile pour faire le point, poursuivre l’évolutionse connecter à ce qui se passe autour et au sein de la démarche. L’exercice peut aussi marquer le coup d’un nouveau grand jalon de l’action collective.

À ce titre, le processus de développement collectif planifié présente différentes étapes à travers une démarche collective évolue.

Distinguer état de situation et diagnostic

Un état de situation (profil ou portrait) regroupe les informations requises pour décrire une situation ou une collectivité, ainsi que les ressources disponibles.

Le diagnostic réfère à l’analyse de ce portrait pour cerner les enjeux, les opportunités/ contraintes et le potentiel de développement.

L’état de situation regroupe une série d’informations permettant de prendre une photo, générale ou sous un angle spécifique, à un moment donné. Le diagnostic permet quant à lui d’en comprendre les implications.

Comme le diagnostic repose sur l’état de situation, il est important que ces deux exercices soient réfléchis en lien l’un avec l’autre.

ÉTAT DE SITUATION : Connaître ce qui est, à un moment donné, sur un territoire donné.

DIAGNOSTIC : Comprendre et analyser ce qui ressort et ce sur quoi il faudra s’attarder dans le futur.

Différentes dimensions, différentes lectures

Il est essentiel de déterminer quelles sont les informations nécessaires pour bien comprendre ce qui se passe dans la collectivité, de manière plus générale ou en lien avec une problématique particulière. Les informations récoltées et leur analyse peuvent renseigner tant sur la situation à transformer que sur les ressources existantes et les relations entre les forces vives du territoire.

Voici quelques questions pour guider la recherche des informations les plus pertinentes pour votre démarche collective :

  • Quelles sont nos forces? Quelles sont les opportunités de développement?
  • Qui est déjà mobilisé?
  • Quels sont les défis et enjeux de développement de notre collectivité/territoire?
  • Comment se manifestent les défis ou les enjeux?
  • Quels sont les effets connus? Quels effets sont anticipés si rien n’est fait?
  • Quelles actions ont déjà été réalisées ou sont en cours?
  • Quelles ressources sont accessibles?
  • Qui est concerné? Qui pourrait se mobiliser?
Réaliser un état de situation

Cette opération consiste essentiellement à recueillir de l’information qui permet par la suite de passer à l’étape du diagnostic. La nature et la qualité des informations recueillies conditionneront l’analyse qui en sera faite.

Dans la perspective d’un exercice mobilisateur et utile, le processus doit être collectif. Les données ne sont pas neutres. Elles offrent une certaine vision de la réalité, soit par le choix des données, soit par la manière dont elles sont recueillies, comptabilisées, agrégées et analysées. Il est donc souhaitable que les choix stratégiques et méthodologiques concernant l’état de situation et le diagnostic soient bien compris des acteur·rices impliqué·s et décidés collectivement.

À l’amorce de cet exercice, il importe donc de se demander qui sont les acteur·rices à engager dans le processus? Quels sont leurs rôles et pourquoi? Du soutien est-il nécessaire?

Voici les grandes étapes pour la réalisation d’un état de situation :

  1. Choisir la nature des informations à collecter : de quelles informations avons-nous réellement besoin pour progresser? (Données qualitatives et quantitatives)
  2. Amasser et colliger les informations : comment réaliser la collecte? (Voir : « Recueillir l’information », ci-dessous.)
  3. Produire l’état de situation : quels formats sont les plus pertinents pour présenter les résultats?
  4. Bonifier et valider les informations recueillies : quelle méthode de bonification/validation est utilisée? Avec qui?
  5. S’approprier l’état de situation et susciter l’adhésion : quelle diffusion et appropriation des résultats est envisagée? Avec qui et pourquoi?
Recueillir l’information

Différents types d’activités permettent de collecter l’information requise afin de dresser un état de situation.

Une recherche documentaire et statistique est souvent effectuée pour amorcer l’exercice. Des méthodes complémentaires peuvent ensuite être utiles pour s’assurer de la validité et de la cohérence globale des données recueillies. Il peut s’agir de rencontres exploratoires avec les acteur·rices clés du milieu ou de groupes de discussion.

Il est également possible de mener une collecte d’informations en réunissant quelques heures des personnes qui possèdent les différentes informations requises pour tracer un état de situation. Il s’agit d’une manière dynamique et mobilisatrice de procéder. Le partage de l’information et son analyse collective contribuent fortement à l’engagement par la suite.

Procéder au diagnostic
  • Juger de la situation actuelle;
  • Cerner les problématiques existantes et les enjeux;
  • Identifier les acteur·rices et les ressources potentielles;
  • Donner une direction pour la suite du processus;
  • Cerner le potentiel de mobilisation dans la collectivité.

Le diagnostic permet un regard large sur la collectivité et, le cas échéant, un regard plus spécifique sur la situation qui rassemble les acteur·rices. Idéalement, le diagnostic doit également s’attarder sur la capacité de mobilisation des acteur·rices. Cela permet d’évaluer de façon réaliste les efforts pouvant être fournis.

Au moment d’amorcer le diagnostic, on peut se demander à nouveau de quelles informations avons-nous besoin pour progresser? Comment inclure les acteur·rices concerné·es autour du diagnostic?

Un diagnostic pensé comme un processus participatif invite les acteur·rices à poser un regard critique sur l’état du développement de leur collectivité ou sur un ou des aspects de son développement. Cette analyse permet une appréciation des forces, des ressources, des manques et difficultés (problèmes), des enjeux et défis, ainsi que des liens qui unissent ces dimensions. L’objectif est d’arriver à identifier ce qui est important au-delà des faits saillants (enjeux, défis, tendances) et, surtout, pourquoi c’est important.

  • Des activités d’animation peuvent soutenir une analyse collective, par exemple : l’analyse 360, ou l’analyse FFOM (Forces, faiblesses, opportunités, menaces).

Le diagnostic est une étape importante du processus. On souhaite qu’il permette d’éviter le piège du mode « résolution de problèmes ». Le mode résolution de problèmes consiste à trouver une seule solution à un problème identifié. Bien qu’adéquat dans certaines situations, ce mode est souvent trop limité pour faire face à la complexité des enjeux d’une collectivité.

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