Les gens, tant individuellement que par l’entremise de structures, mettent en commun leurs capacités et leurs ressources pour agir en faveur du développement d’une collectivité et de ses membres (individuellement et collectivement). Cette collectivité devient ainsi autrice et actrice de son propre développement.

Une collectivité qui a du pouvoir d’agir

On pourrait dire qu’une collectivité qui a du pouvoir d’agir :

  • Est en mesure de se développer dans le sens de ses propres aspirations;
  • Est capable de composer avec les dynamiques externes qui l’influencent dans une optique de saine interinfluence.

En d’autres mots, une collectivité qui a développé son pouvoir d’agir devient compétente, c’est-à-dire un lieu où les différents systèmes arrivent à répondre aux besoins des individus et où les individus arrivent à utiliser les systèmes de façon efficace. Les systèmes d’une collectivité sont constitués de dispositifs formels qui sont, en fait, les outils qu’elle utilise pour mettre en œuvre sa compétence et assurer son développement. Ces dispositifs prennent très souvent la forme d’organisations. Or, lorsque les organisations correspondent à des lieux de travail, de services, de revendications ou même de loisirs, elles deviennent des collectivités dites « fonctionnelles », car les personnes qui s’y trouvent partagent une fonction et un intérêt communs.

Source : NINACS, William A. (2002). Types et processus d’empowerment dans les initiatives de développement économique communautaire au Québec. Thèse de doctorat, École de service social, Université Laval, 332 pages.

Pour une mobilisation dans la perspective du pouvoir d’agir

Le choix de Communagir

Communagir fait le choix de diffuser différents contenus et outils de développement collectif dans une perspective très claire : celle du renforcement du pouvoir d’agir des collectivités (ainsi que des acteur·rices individuel·les et collectifs qui la composent). Ce choix est important puisque la mobilisation de collectivités pourrait être comprise dans une perspective instrumentale, c’est-à-dire qu’on pourrait chercher à favoriser la mobilisation des acteur·rices pour servir d’autres intérêts que les leurs, pour les mettre au service d’un changement qu’ils n’ont pas choisi, etc.

Selon nous, la finalité ultime de la mobilisation est en quelque sorte que les collectivités puissent devenir autrices et actrices des changements qui les concernent. En restaurant le statut d’acteur·rice, la mobilisation permet de combattre l’inertie et l’impuissance face aux situations complexes avec lesquelles les collectivités doivent quotidiennement composer. À partir de cet ancrage, les collectivités peuvent choisir de s’inscrire dans des projets sociétaux plus larges et contribuer à des mouvements pour mener des changements plus globaux.

Cette perspective du développement du pouvoir d’agir peut éclairer le travail d’acteur·rices dont l’action se situe au-delà des collectivités locales. Que l’on soit une instance régionale ou nationale, un regroupement ou un réseau, le développement du pouvoir d’agir implique une préoccupation et des interactions avec les systèmes d’action locaux à qui on reconnaît d’emblée la légitimité de déterminer leurs propres visées. Celles-ci sont davantage des forces contributives (même si elles peuvent rendre la situation plus complexe!) que des obstacles.

 

Les avantages de miser sur le pouvoir d’agir

Miser sur le pouvoir d’agir constitue un avantage considérable dont les multiples effets vont du respect de la dignité des personnes et des collectivités à l’atteinte de résultats plus probants et plus durables, en passant par l’établissement de relations plus constructives entre les acteur·rices.

Le pouvoir d’agir peut en fait :

  • Aider les personnes et les collectivités appauvries à franchir les barrières psychologiques de la stigmatisation et de la culpabilisation.
  • Accroître l’autonomie d’action, tant individuelle que collective, et donc contribuer au développement d’une certaine résistance aux directives imposées par d’autres.
  • Permettre aux personnes et aux collectivités de déterminer par elles-mêmes les voies à privilégier dans leur développement.
  • Aider à construire des rapports gagnants-gagnants avec d’autres collectivités et faire reconnaître leur légitimité face à des instances externes.

Lorsqu’il se situe dans une perspective de développement du pouvoir d’agir, le processus de développement collectif démultiplie les effets positifs car il :

  • Suscite un engagement concret dans des projets, des actions, etc.
  • Permet aux acteur·rices de se définir directement (qui sommes-nous?), de se connaître et de se reconnaître (quelles sont nos forces, nos difficultés et nos défis?) et de décider ensemble de leur orientation (que voulons-nous?).
  • Renforce le sentiment d’efficacité personnelle ou collective, notamment par les résultats de l’action, et augmente le sentiment de confiance en soi et envers les autres.
  • Suscite l’espoir nécessaire au déploiement d’actions et d’activités.
  • Contribue au développement, au renforcement et au partage de savoirs (information, connaissances), de savoir-faire et de savoir-être (compétences).
  • Permet de développer de nouvelles compétences (politiques, démocratiques, etc.) et des vertus civiques (conscience de l’autre et de sa réalité, solidarité, etc.).
  • Renforce le sens de l’analyse et la capacité critique.

Les effets se situent donc tant au niveau des acteur·rices qui s’engagent dans un processus de mobilisation qu’au niveau des projets de développement eux-mêmes (qualité, pertinence, pérennité, etc.). Miser sur le pouvoir d’agir permet donc autant de renforcer la compétence des acteur·rices que de rendre l’action plus pertinente et les résultats plus probants et durables.

Qu’est-ce que le pouvoir d’agir?

Le pouvoir d’agir peut à la fois être considéré comme :

  • UN PROCESSUS par lequel les individus, les groupes, les organisations et les collectivités acquièrent ou renforcent la capacité d’exercer un pouvoir.
  • UN ÉTAT qui désigne la capacité d’exercer un pouvoir.
  • UNE APPROCHE d’intervention individuelle et collective visant à soutenir le développement de cette capacité.

Être en situation de pouvoir d’agir (état) sur une question qui nous préoccupe ou sur un enjeu qui est significatif à nos yeux, c’est avoir développé la capacité de…

Avoir une emprise requiert, chez l’individu, le groupe, l’organisation ou la collectivité concerné, une capacité d’agir concrètement et de façon autonome. Or, le mot anglais Empowerment est justement utilisé pour désigner cette finalité, ainsi que le processus pour l’atteindre. En français, le terme développement du pouvoir d’agir identifie ce processus.

Inspiré de : NINACS, William A. (2002). Types et processus d’empowerment dans les initiatives de développement économique communautaire au Québec. Thèse de doctorat, École de service social, Université Laval, 332 pages.

Le processus de développement du pouvoir d’agir

Il semble que le processus soit sensiblement le même qu’il s’agisse d’un individu, d’un groupe d’individus, d’une organisation ou d’une structure locale de mobilisation (une table de concertation, un comité de développement, un regroupement local de partenaires, etc.). Le processus de développement du pouvoir d’agir engendre le passage d’un état d’impuissance à agir sur ce qui est important pour soi à un état de pouvoir d’agir. En fait, le Disempowerment est également un processus. Il affecte négativement le rapport à l’action et peut se renverser par un processus d’Empowerment.

 

Source : RACINE, Sonia (2010). La mobilisation des personnes en situation de pauvreté et d’exclusion à travers des organismes communautaires québécois. Thèse de doctorat, Université de Montréal, 398 pages.

Les composantes du processus de développement du pouvoir d’agir

L’évolution simultanée de trois composantes (les unes nourrissant les autres), autour du vecteur central que constitue la participation permet que le pouvoir d’agir se développe. Ces composantes sont :

  • L’autoreconnaissance de sa propre compétence (de ses forces, de ses capacités, de ses atouts, etc.).
  • Les compétences, c’est-à-dire les savoirs, savoir-faire et savoir-être dont l’acteur·rice aura besoin pour participer, mais surtout pour être en mesure de choisir-décider-agir pour le changement.
  • La conscience critique, soit la compréhension de l’interaction dynamique et de l’interinfluence existant entre l’acteur·rice et son environnement et de la possibilité de contribuer à changer cet environnement.

 

 

Un processus dynamique : l’interaction des composantes

Ce n’est pas tant l’ordre ou la place exacte des composantes dans le processus qui semble compter pour que se développe le pouvoir d’agir, mais bien leur présence et surtout leur interaction dynamique. Ainsi, en participant, un·e acteur·rice peut développer ses compétences. Dans sa participation, ses contacts avec d’autres la ou le soutiennent dans la reconnaissance de sa compétence et les échanges lui permettent de mieux comprendre l’interinfluence entre sa situation et son environnement. C’est pourquoi la participation est un vecteur pour le processus, c’est-à-dire une attache par laquelle les autres composantes peuvent se développer.

Parallèlement, les trois autres composantes du processus se renforcent mutuellement. En développant davantage de compétences, l’acteur·rice a la possibilité de renforcer l’autoreconnaissance de celles-ci. Plus elle ou il comprendra comment l’environnement dans lequel elle ou il évolue influence sa situation, plus il lui sera possible de reconnaître ses forces et ses atouts malgré les difficultés, etc.

 

Un exemple d’interaction des composantes

Chacune des composantes du processus de développement du pouvoir d’agir connaît une progression graduelle, l’une nourrissant le développement de l’autre. Prenons l’exemple d’un·e citoyen·ne participant à un comité de développement dans son milieu. Il se peut qu’au départ, cet individu se sente en situation d’impuissance à agir dans le développement de son quartier.

  • En participant aux rencontres de planification du changement, l’individu est alors appelé à donner son avis et à partager ses connaissances.
  • Si celles-ci sont valorisées par les autres, il y a de fortes chances que cela augmente sa confiance dans ses propres opinions et dans sa capacité à planifier le changement dans son milieu.
  • Plus il participera aux échanges et aux débats, plus il développera des compétences liées au changement souhaité, plus il se risquera à participer pour agir dans son milieu et croira à la possibilité d’un changement (antidote au fatalisme).
  • Plus il comprendra comment les choses fonctionnent dans son milieu (les rouages du pouvoir, les ressources, les mécanismes, etc.), plus il comprendra que les problèmes ne sont pas tous individuels, ni dans leurs causes ni dans leurs solutions.
  • Il pourra alors agir sur les conditions nécessaires au changement et effectivement contribuer concrètement au changement souhaité.

Il développera ainsi son pouvoir d’agir.

Source : RACINE, Sonia (2010). La mobilisation des personnes en situation de pauvreté et d’exclusion à travers des organismes communautaires québécois. Thèse de doctorat, Université de Montréal, 398 pages.

Les conditions favorables au processus de développement du pouvoir d’agir

Chaque processus de développement du pouvoir d’agir se manifeste concrètement de façon distincte selon les acteur·rices et les contextes. Puisque celui-ci se cultive dans l’interaction avec d’autres, on peut se demander quelles sont les conditions particulières qui le favorisent.

Un lien assez étroit semble exister entre le processus et les caractéristiques du milieu où il se développe. Il s’agit de caractéristiques qui concernent tout espace collectif : une cuisine collective, un organisme communautaire, une instance locale de mobilisation ou une collectivité dans son ensemble. En fait, tous ces espaces collectifs peuvent être considérés comme des « communautés fonctionnelles » pour leurs membres, d’où l’appellation d’Empowerment communautaire.

Source : NINACS, William A. (2002). Types et processus d’empowerment dans les initiatives de développement économique communautaire au Québec. Thèse de doctorat, École de service social, Université Laval, 332 pages.

Les caractéristiques de l’Empowerment communautaire

Chaque caractéristique repose sur plusieurs éléments critiques dont la présence et la qualité soutiendront le développement du pouvoir d’agir des acteur·rices. On parle donc d’espaces collectifs ouverts à la participation, qui mettent à profit les compétences présentes, où la communication est efficace et où on retrouve un fort capital communautaire.

LA PARTICIPATION, qui comprend des lieux :

  • Permettant à tous les membres de la collectivité de participer à sa vie et à ses systèmes.
  • Intégrant dans les espaces décisionnels des individus non perçus comme leaders naturels.
  • Assurant l’équité dans la redistribution du pouvoir.

LES COMPÉTENCES sont une dimension qui renvoie à :

  • La connaissance et la reconnaissance des forces du milieu et de ses membres.
  • Une imputabilité (les membres assument les responsabilités qui leur incombent) qui favorise la compétence des individus et de la collectivité.
  • La capacité de mailler les ressources locales, de les voir coopérer et de tirer profit des synergies qui en découlent.
  • Les habiletés consensuelles et décisionnelles.
  • La gestion du changement et des transitions.
  • L’autogestion de son développement.
  • Le renforcement des réseaux naturels, communautaires et professionnels de soutien aux individus.

LA COMMUNICATION qui contribue à construire le climat de confiance indispensable à la libre expression (c’est-à-dire à l’exercice d’un droit de parole) et qui se traduit par :

  • L’interaction positive.
  • La liberté d’exprimer en toute confiance des points de vue divergents.
  • La circulation large, libre et efficace de l’information générale.
  • L’accès à l’information requise pour réussir des projets spécifiques.
  • La transparence dans les processus décisionnels.

LE CAPITAL COMMUNAUTAIRE, c’est-à-dire :

  • Le sentiment d’appartenance à la collectivité.
  • La conscience de la citoyenneté possédée par chaque membre (c’est-à-dire la reconnaissance et le respect de l’ensemble des droits et devoirs qui le lient à la collectivité).

Le capital communautaire assure notamment l’entraide sur le plan individuel et permet l’action sur des questions de société plus larges.

 

L’action des caractéristiques sur le processus

S’il faut que les acteur·rices soient en mesure de participer (vecteur) pour développer leur pouvoir d’agir, des lieux ouverts et accessibles à cette participation doivent exister. D’autre part, s’il leur est essentiel de développer leur conscience critique pour pouvoir agir dans leur environnement, cela ne pourra pas se faire dans des lieux où l’information ne circule pas librement. Chacune des composantes du processus de développement du pouvoir d’agir individuel ou collectif se développe ainsi à l’aide de certaines caractéristiques dans le milieu, qui deviennent alors plus ou moins favorables.

D’un autre côté, qui d’autres que des acteur·rices en situation de pouvoir d’agir peuvent contribuer à créer ces caractéristiques favorables? Il y a de toute évidence une influence mutuelle et une interaction réciproque entre le pouvoir d’agir des acteur·rices et les caractéristiques du milieu où il se développe.

Source : NINACS, William A. (2002). Types et processus d’empowerment dans les initiatives de développement économique communautaire au Québec. Thèse de doctorat, École de service social, Université Laval, 332 pages.

Empowerment communautaire et pouvoir d’agir de la collectivité : du pareil au même?

Il semble qu’une collectivité dans son ensemble ne puisse pas nécessairement vivre un processus de développement du pouvoir d’agir (comme le ferait un organisme ou même un groupe informel) en raison de sa composition et sa nature, de ses fragmentations possibles et de sa complexité. On ne peut en effet pas affirmer que la collectivité en tant qu’entité claire puisse agir concrètement sur une situation pour produire un changement. Ce sont plutôt ses membres qui agissent de la sorte et probablement jamais complètement au nom de toutes et tous.

Ainsi, ce serait plutôt par la présence des composantes de l’Empowerment communautaire permettant le pouvoir d’agir des acteur·rices qui la composent que la collectivité trouverait son propre pouvoir d’agir. Ce serait dans sa capacité à être un système où les membres peuvent développer et maintenir leur pouvoir d’agir que la collectivité prouverait sa propre compétence (le mot compétence au singulier dépassant le développement de compétences au pluriel et étant en quelque sorte un synonyme de pouvoir d’agir).

L’Empowerment communautaire constituerait ainsi une progression complexe menant de la relative passivité des membres d’une collectivité à leur engagement les un·es par rapport aux autres.

Source : NINACS, William A. (2002). Types et processus d’empowerment dans les initiatives de développement économique communautaire au Québec. Thèse de doctorat, École de service social, Université Laval, 332 pages.

Accompagner les collectivités dans la perspective du développement, du renforcement de leur pouvoir d’agir

Qu’est-ce que ça implique?

Il n’y a bien sûr pas de réponse simple à cette question! Qu’on soit agent·e de développement, accompagnateur·rice, coordonnateur·rice d’instance locale ou encore bailleur de fonds, travailler avec les collectivités dans la perspective du développement, du renforcement de leur pouvoir d’agir implique une analyse constante de son intervention et de ses effets. Cela est particulièrement important si on a à travailler avec des collectivités « Disempowered », c’est-à-dire des collectivités qui ne semblent pas en mesure de se développer dans le sens de leurs aspirations et qui ont de la difficulté à composer avec les dynamiques externes qui les influencent. Une intervention délibérée et spécifique visant le développement du pouvoir d’agir n’est nécessaire qu’en cas de Disempowerment. Toutefois, une intervention générale axée sur le renforcement ou le maintien du pouvoir d’agir semble avoir sa pertinence en tout temps.

Le spectre de l’accompagnement est très large et on ne peut définir de façon précise ou arrêtée dans le temps, et jamais une fois pour toutes, ce qui est favorable au pouvoir d’agir des collectivités et ce qui ne l’est pas. À chaque fois, cela dépend de l’état du pouvoir d’agir de la collectivité, de sa culture, de son histoire, de son propre contexte, etc.

Favoriser une mobilisation dans la perspective du développement et du renforcement du pouvoir d’agir des acteur·rices revient donc en quelque sorte à pouvoir estimer préalablement les effets de son action en fonction du contexte singulier où on agit et d’être en constante adaptation à la suite de l’évaluation de son action et de ses effets (mobilité de posture).

Conditions pour un accompagnement axé sur le pouvoir d’agir
  • Reconnaître le principe d’autodétermination des acteur·rices, c’est-à-dire reconnaître que les individus et les collectifs concernés par toute démarche de changement sont les mieux placés pour définir sa nature, décider de sa direction et choisir les moyens d’y arriver. Ils doivent être au cœur de toute démarche les concernant.
  • Cela implique de respecter la définition du problème ainsi que les solutions proposées par les acteur·rices sans pour autant nier sa propre expertise, et de développer une dynamique de partage mutuel des expertises : faire valoir ses savoirs sans museler ou dominer les savoirs présents dans les collectivités.
  • Reconnaître que les compétences requises pour effectuer les changements souhaités sont déjà présentes chez les acteur·rices ou, du moins, que le potentiel pour les acquérir existe.
  • Reconnaître que les personnes et les collectivités possèdent en elles-mêmes les forces et les capacités nécessaires pour prendre en charge leur destinée et miser sur celles-ci (les valoriser et les mettre à profit).
  • Comprendre que le processus repose sur une participation volontaire des acteur·rices. Il s’ensuit qu’une approche d’intervention axée sur le pouvoir d’agir doit encourager cette participation sans la diriger et encore moins l’imposer.
  • Tenter de mettre en place des relations les plus égalitaires possible, et donc, devenir des partenaires dans la démarche de changement : confiance, collaboration et pouvoir partagé. Opter pour une posture de coapprentissage.

Source : NINACS, William A. (2002). Types et processus d’empowerment dans les initiatives de développement économique communautaire au Québec. Thèse de doctorat, École de service social, Université Laval, 332 pages.

Fonctions en accord avec le renforcement du pouvoir d’agir

On pourrait dire que la grande mission de l’accompagnement de la mobilisation dans la perspective du pouvoir d’agir est d’élargir le monde des possibles. Pour y arriver, quelques fonctions apparaissent comme des clés.

 

Éclairage des enjeux

Cette fonction pourrait aussi être expliquée ainsi : l’art de poser les questions permettant de cerner les enjeux et de se préparer à faire face aux défis qu’elles soulèvent. En effet, poser une question pertinente permet bien souvent de mettre de la lumière là où il n’y en avait pas. Sans lumière, il est possible de ne pas voir les enjeux et d’avoir du mal à planifier l’action. L’individu qui accompagne une instance locale de mobilisation et qui travaille dans une perspective de développement ou de renforcement du pouvoir d’agir sera ainsi attentif à cet aspect. En le faisant, il permet notamment aux acteur·rices de développer leur conscience critique par rapport à ce qui les interpelle.

 

Création/promotion d’opportunités multiples

On parle ici de créer, de faire voir et de promouvoir des opportunités de participation, de contribution et d’action pour parvenir au changement escompté. Il n’est nullement question de les imposer, mais plutôt de permettre aux acteur·rices de les reconnaître et d’en tenir compte afin de faire les meilleurs choix possibles, toujours dans le sens de leurs propres aspirations.

 

Facilitation/soutien

Avec la précaution de ne pas faire à la place du collectif, il importe de soutenir et de faciliter l’action. Les occasions de soutenir les acteur·rices sont nombreuses et s'incarnent dans de nombreux rôles et fonctions.

Refléter les compétences individuelles ou collectives qui s’expriment et faire remarquer les occasions ainsi que les avancées sur le plan du développement du pouvoir d’agir sont deux exemples de soutien qui peuvent être réalisés lorsque la nature de l’accompagnement s’y prête.

 

Mise en disponibilité des ressources

Plusieurs types de ressources sont nécessaires pour agir sur les situations qui affectent la vie des acteur·rices et des collectivités. Accompagner dans une perspective de pouvoir d’agir implique de mettre différentes ressources à disposition, qu'elles soient humaines, matérielles, informationnelles et financières. Si les compétences des acteur·rices sont des éléments essentiels pour pouvoir agir, les ressources le sont tout autant.

Sources et références

NINACS, William A. (2008). Empowerment et intervention. Développement de la capacité d’agir et de la solidarité. Québec : Presses de l’Université Laval, 140 pages.

NINACS, William A. (2002). Types et processus d’empowerment dans les initiatives de développement économique communautaire au Québec. Thèse de doctorat, École de service social, Université Laval, 332 pages.

RACINE, Sonia (2010). La mobilisation des personnes en situation de pauvreté et d’exclusion à travers des organismes communautaires québécois. Thèse de doctorat, Université de Montréal, 398 pages.

Passerelles – Cahier de recherches et d’initiatives sociales sur le développement du pouvoir d’agir des personnes et des collectivités.

LE BOSSÉ, Yann (2004). « De l’« habilitation » au « pouvoir d’agir » : vers une appréhension plus circonscrite de la notion d’empowerment ». Nouvelles pratiques sociales, vol. 16, n° 2 : 30-51.

LEMAY, Louise (2007). « L’intervention en soutien à l’Empowerment. Du discours à la réalité. La question occultée du pouvoir entre acteurs au sein des pratiques d’aide ». Nouvelles pratiques sociales, vol. 20, n° 1 : 165-211.

LEROUX, Richard et coll. (2007). Le développement de l’Empowerment à l’Auberge du cœur Maison Raymond Roy. Guide d’intervention. Victoriaville : Coopérative de consultation en développement La Clé et Auberge du cœur Maison Raymond Roy, 135 pages.

LEROUX, Richard, NINACS, William A. et RACINE Sonia (2000). L’Empowerment et l’action des Cuisines Collectives des Bois-Francs. Rapport de recherche, Victoriaville : Coopérative de consultation en développement La Clé et Moisson Québec, 111 pages.

RACINE Sonia et LEROUX Richard (2006). « L’animation de groupe : une pratique à redécouvrir afin de développer le pouvoir d’agir des individus ». La revue canadienne d’évaluation de programmes, vol. 21, nº 3 : 137-162.

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