- 2 blocs de papier affiche avec chevalet
- Marqueurs
- Gommette
Il est préférable d’être deux « animateurs-scribes » pour tirer pleinement profit de cette activité. En fait, le groupe s’autoanime (ont une conversation entre eux), alors que les animateurs-scribes écrivent les réponses.
« Inspiré et adapté d’une approche de planification collective mondialement reconnue (Search Conference), le plus intéressant de cette méthode d’animation est probablement de couvrir énormément de contenu en peu de temps, en faisant appel aux savoirs présents dans la salle. Comme tous les points de vue sont recueillis, cette activité favorise le sentiment d’inclusion et peut même servir de réchauffement. Le partage, certes d’apparence un peu chaotique, de tous les éléments de l’environnement (proches ou plus lointains) qui risquent d’influencer le changement visé ou le thème sur lequel une collectivité veut travailler permet de se faire une tête collective bien utile pour être stratégique dans nos choix et pour le demeurer. Chaque fois que j’ai utilisé cette méthode, non seulement les participants ont-ils apprécié l’exercice, mais ils ont eu le sentiment d’avoir fait le tour des essentiels, sans avoir eu à passer plusieurs heures, voir même plusieurs rencontres dans des recherches et des analyses laborieuses! C’est dans le croisement des regards, et dans l’apport de toutes les perceptions, que réside la force et la pertinence de cet exercice. »
Cette activité peut être utilisée à différents moments dans une démarche collective : à l’intérieur d’un exercice d’état de situation, pour déterminer des stratégies pertinentes une fois les objectifs bien campés, pour ajuster la mise en œuvre d’un projet au contexte changeant, etc.
Au départ, il faut tout simplement une question :
Celle-ci pourra aussi être directement reliée au changement visé ou au thème que le groupe travaille, tout en gardant l’ouverture très large sur le plan des réponses.
Idéalement, les participants doivent être placés en grande demi-lune (sans table) pour permettre qu’ils se voient les uns les autres et puissent construire ensemble les contenus (conversation collective).
La question est affichée à la vue de tous (sur du papier-affiche ou encore à l’écran).
Qu’est-ce qui se passe dans ce monde actuellement qui vient affecter ce que nous on vit et ce qu’on veut faire?
Quelles sont les événements marquants? Quels sont les changements importants?
Problèmes, développements significatifs, nouveaux phénomènes, changements politiques, économiques, culturels, etc. à toutes les échelles (dans la communauté d’à côté, dans le secteur voisin, au Québec, au Canada, dans le monde…)
L’exercice est de lister les changements significatifs dans le monde qui nous entoure depuis les 5-6 dernières années par des propositions courtes et claires qui permettent de bien situer l’enjeu (1 seule idée à la fois – pas de discussion ou de débat). Par exemple : nommer la pauvreté dans le monde n’est pas suffisant pour bien comprendre. On peut alors demander des précisions. Y a-t-il un accroissement? Un plus grand écart entre les riches et les pauvres? Pour qui? Etc.
Toutes les perceptions sont valides, même si elles peuvent sembler contradictoires (ex. : y’a pas de job vs employeurs qui ne trouvent pas de personnel – les deux sont réels)
Les deux animateurs deviendront des scribes qui noteront sur du papier-affiche toutes les propositions (ils reprennent les mots-clés sans interpréter les propos), au fur et à mesure où elles s’énoncent.
Le groupe doit gérer ses tours de parole (c’est un remue-méninges collectif). Des groupes inférieurs à 15 personnes ont plus tendance à sortir d’un mode remue-méninges et à glisser vers des dialogues entre participants. Il faut rester vigilant pour ramener le groupe dès qu’il y a glissement.
Les scribes notent les réponses des participants sur du papier-affiche et collent les feuilles remplies au fur et à mesure.
Vous pouvez arrêter le remue-méninges lorsque les réponses semblent s’épuiser ou qu’il y a beaucoup de redondance. Toutefois, il est normal et même souhaitable qu’il y ait des moments de silence. Ceux-ci permettent d’approfondir ou d’aller dans de nouvelles directions.
Pour que toute l’information recueillie soit utilisable, elle doit être « traitée » minimalement. Laisser le groupe avec une liste d’enjeux complexes, souvent chargé émotivement, sans en dégager quoique soit collectivement, peut être très improductif.
Placez le groupe en équipes de 4 à 6 personnes et leur demander d’inscrire sur une grande feuille les 3-4 éléments ayant le plus d’influence sur le changement visé (ou le thème) ou qui aura le plus d’importance dans le déploiement de l’action collective.
Chaque sous-groupe présente le fruit de son travail au grand groupe. Si des éléments sont identiques ou de même nature entre les équipes (ce qui va fort probablement arriver!), identifiez-les (avec un symbole par exemple) pour qu’on comprenne qu’il s’agit du même élément.
Valider la liste d’éléments identifiés avec une question telle que :
Donc, nous considérons que ces éléments de contexte sont ceux qui vont le plus affecter ce que nous souhaitons faire ensemble et donc ceux dont il faudra tenir compte dans la suite de nos travaux. Est-ce bien cela?
L’exercice du scan peut aussi être utilisé pour se doter d’une vision d’ensemble de l’état de développement d’un milieu (collectivité), d’un des aspects de son développement, d’une problématique, etc.
Activité adaptée de la conférence exploratoire (Search Conférence). Emery, Merrelyn (1999). Searching, The theory and practice of making cultural change. Amsterdam/Philadelphia: John Benjamins.
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