L’été ne voulait pas mourir lorsque notre équipe accompagnement s'est retrouvée pour ce moment précieux de réflexion collective : notre Lac à l’épaule d’automne.

Pendant deux jours, nous avons tissé ensemble les fils d'une vision renouvelée de notre pratique. Dans un contexte de télétravail, les temps de connexion physique avec les collègues sont toujours des moments précieux, qui renforcent notre cohésion et notre amour les uns des autres.

Nous nous sommes donc retrouvés, après les vacances estivales, un dimanche soir, dans un petit paradis isolé, entourés de calme et de nature, à Saint-Alexis-des-Monts, une municipalité située sur le territoire ancestral des Atikamekw. Joie, bonheur et gratitude de se serrer dans lesbras et de reconnecter. Le plaisir s’est étiré autour de la chaleur d'un feu de camp où rires et chansons se sont largement invités.

Jour 1 : Questionner le pouvoir pour mieux accompagner

Le lendemain, sous la guidance bienveillante de Maude Chalvin, nous avons plongé dans les subtilités du pouvoir en accompagnement. Nos travaux autour de la révision de notre stratégie de mobilisation des connaissances des deux dernières années nous ont conduit à explorer en profondeur la thématique des rapports de pouvoir : l’expression du pouvoir entre les individus, au sein des collectifs que nous accompagnons et aussi dans notre propre organisation. Le sujet nous passionne et suscite tout autant d’inconfort.

Lors de cette journée de formation, nous nous sommes rappelé les différentes formes de pouvoir, leurs sources et les stratégies qui y sont associées. Nous avons également exploré notre zone d’influence et notre capacité d’agir sur les zones de pouvoir d’un groupe quand on l’accompagne. Ce moment d’échange en équipe nous a permis de développer une vision partagée de notre engagement en termes de "questionnement des rapports de pouvoir" en faisant ressortir :

  • Notre base commune (l'accompagnement stratégique de Communagir);
  • Nos zones d'autonomie (selon nos confiances et habiletés);
  • Nos deuils et acceptations (les limites de nos interventions, ce avec quoi nous devons composer)

Cette journée s’est magnifiquement terminée avec une activité de cohésion d’équipe orchestrée par notre fabuleuse collègue Lôdvi. Tout son quartier a été mis à contribution pour nous préparer des cadeaux personnalisés reflétant un merveilleux esprit de communauté. Un moment précieux pour se connaître encore un peu plus et aussi intégrer notre nouveau collègue Olivier dans son poste d’agent de soutien.

Jour 2 : Faire évoluer nos formations, soutenir l’autonomie

J’ai eu le plaisir d’animer, avec mon collègue Martin, la deuxième journée qui s'est ouverte sur un défi central : le renouvellement de notre offre de formation et son appropriation par l’équipe. Dans un écosystème où plusieurs organisations comme la nôtre offrent de la formation, qu’est-ce qui nous différencie des autres? En quoi notre offre demeure-t-elle pertinente? Quels sont les ajustements à faire pour répondre le mieux possible aux besoins émergents des collectifs? Cette réflexion s’inscrit dans un souci d’agilité et d’amélioration continue.

Aussi, Communagir se veut une organisation innovante et apprenante. Nous produisons énormément de savoirs issus de nos réflexions internes et de nos nombreuses explorations, ainsi que des observations des milieux que nous accompagnons. Dès lors, se pose la question : comment favoriser l’appropriation de ces nouveaux contenus au sein des membres de l’équipe et quel est le chemin à suivre pour faire vivre les contenus issus de nos apprentissages?

Nos échanges nous ont permis d’explorer les conditions favorables à la préparation, la validation et l'agilité nécessaires pour intégrer de nouveaux savoirs dans nos formations. Notre réflexion s’est ensuite portée sur la façon de rendre nos formations plus vivantes et porteuses, comment les transformer en véritables leviers de mobilisation des connaissances et comment s’assurer que nos méthodes andragogiques demeurent adaptées dans le but de poursuivre notre mission : renforcer le pouvoir d’agir collectif.

L'après-midi nous a confrontés à une question délicate: celle des accompagnements qui s'inscrivent dans la duréeAlain et Émilie ont partagé les résultats d'un questionnaire d'équipe et d'une récolte estivale réalisée auprès de sept mandataires. Ces données précieuses ont mis en lumière l'appréciation des mandataires pour les accompagnements longs, tout en soulevant les enjeux d'autonomie et de pouvoir d'agir. Comment soutenir sans créer de dépendance?

En petits groupes, nous avons exploré les conditions d'une fin d'accompagnement réussie, d'une modulation de posture efficace, et des façons de composer avec les nœuds émergents et les changements organisationnels, tout en tenant compte des enjeux liés à la pérennité des projets et le transfert des rôles assumés par les conseillères une fois l’accompagnement terminé.

Nous sommes repartis non pas avec des certitudes, mais avec des questions plus riches et des ambitions renouvelées : celles de continuer à cheminer, de demeurer au service du renforcement du pouvoir d’agir des collectivités, de rendre nos apprentissages accessibles.

Dans un monde où tout se transforme, notre propre transformation continue de se déployer dans nos pratiques quotidiennes, grâce à la confiance octroyée par les démarches que nous avons le privilège de soutenir au quotidien.

Parce que finalement, accompagner, c’est se questionner en continu sur notre capacité à outiller et à renforcer les compétences des collectifs qui font appel à nous.

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