Encore une fois, utilisons l’analogie du véhicule et du voyage.
Étape 1 : La destination
Si la destination qu’on veut atteindre collectivement n’est pas claire, le véhicule risque de ne pas être adapté. C’est pourquoi la première étape est de définir avec l’ensemble des acteurs la vision commune, soit la destination ou le changement qu’on veut voir se produire.
Étape 2 : L’itinéraire
Une fois la destination définie et les partenaires de voyage identifié·es, il importe de choisir collectivement notre itinéraire. Il s’agit ici de réaliser un exercice de planification collective ou de tirer profit d’une planification stratégique déjà réalisée en vue d’identifier nos priorités, nos objectifs, les stratégies ou actions à mettre en œuvre ainsi que les conditions pouvant affecter notre parcours.
Mieux on sait de quelle façon on se rendra à destination, plus il sera facile de se doter d’un véhicule adapté. Par exemple, certains changements s’échelonnent sur plusieurs années et requièrent l’appui d’acteur·rices politiques et institutionnel·les. D’autres peuvent être menés plus rapidement, en grande partie par des citoyen·nes et des acteur·rices communautaires. Certaines stratégies peuvent donc convenir à certains acteur·rices, d’autres moins. S’entendre sur celles à adopter et identifier les acteur·rices en posture de les mener à terme devient donc un préalable incontournable avant d’amorcer le voyage.
Étape 3 : Les critères de choix du véhicule
Avant d’entamer la construction d’un modèle de gouvernance, il est important de déterminer un certain nombre de critères communs qui guideront les choix plus précis à faire. Par exemple, même si on décide collectivement que l’automobile est le véhicule le plus adapté pour se rendre à notre destination, le modèle ne sera probablement pas le même que l’on privilégie l’économie d’essence et le caractère écologique ou la robustesse, la sécurité et le rangement. Comme la vision, si les stratégies et la composition initiale du groupe sont connues, il devient plus facile d’envisager les caractéristiques d’une gouvernance adaptée à notre contexte. Il s’agit à cette étape-ci de faire ressortir les conditions de succès ou de réalisation à mettre de l’avant dans la construction du modèle de gouvernance.
Voici quelques exemples de conditions de succès pouvant être identifiées par les partenaires. La gouvernance devrait permettre :
- La création de liens de confiance entre les partenaires.
- Un partage clair des rôles et des responsabilités.
- Une circulation efficace de l’information.
- La prise en compte des intérêts et des compétences de chacun·e.
- La reconnaissance de la provenance des acteur·rices impliqué·es et des défis particuliers pouvant affecter leur participation.
- Du temps et de la place pour le plaisir, l’informel.
Pour compléter le travail, il peut être inspirant de prendre connaissance d’expériences de gouvernance ayant mené à des façons de faire originales dans la réalisation des différentes conditions de succès pour les adapter à notre démarche, voire pour en identifier de nouvelles.
Étape 4 : La construction
C’est à partir de tous les travaux effectués précédemment que le mode de gouvernance collective approprié pourra être choisi et mis en place.
Il est conseillé à cette étape de former un ou plusieurs petits groupes de travail puisqu’il peut être ardu de faire l’ensemble de l’exercice en grand groupe. Les groupes devraient avoir en main toutes les informations à prendre en compte (vision, planification, résultats de l’exploration, etc.).
Vous trouverez plus bas un exemple des éléments qui devraient être inclus dans un projet de gouvernance.
Étape 5 : La validation et l’expérimentation
Dans une optique d’appropriation collective, les différentes composantes constituant la proposition d’un mode de gouvernance doivent être présentées aux participant·es à la démarche pour qu’elles et ils puissent s’exprimer et y apporter des ajustements. Il s’agit ensuite de tester le modèle et de le vivre de façon évolutive dans une perspective d’amélioration continue.
Les conditions de réussite identifiées au préalable (étape 3) peuvent servir à définir des critères guidant la progression du développement de la gouvernance et à l’évaluer.
Il est prévisible que les acteur·rices ayant participé à la construction de la gouvernance soient impatient·es de replonger dans les actions pour faire progresser leur vision commune. Afin de ne pas perdre de vue l’aspect expérimental et évolutif de la gouvernance, des dates de rencontre de suivi fixées au préalable peuvent soutenir la suite du travail. Pour aider à faire le point sur l’implantation de la gouvernance, un sous-groupe de travail ponctuel peut être constitué pour animer ces rencontres de bilan intérimaire.