Avoir un ou plusieurs projets (ou idées, stratégies, pistes de travail, etc.) dont on souhaite évaluer la pertinence et la faisabilité et qu'on espère bonifier dans le cas où ils seraient jugés pertinents.
Il est facile de tourner en rond quand il s’agit d’explorer ou d’approfondir un sujet large ou encore un enjeu délicat avec un groupe, spécialement lorsqu’il est grand ou que les positions semblent polarisées au départ. Comme chacun souhaite que les réflexions collectives soient productives (qu’elles permettent des avancées significatives), nous vous proposons quelques outils qui permettront d’explorer des sujets, enjeux, idées, projets, de façon dynamique et participative, mais aussi de façon structurée.
S’il est difficile de réfléchir à plusieurs têtes de façon efficace ou productive, il peut encore être plus ardu de faire des choix collectifs véritablement partagés, avec lesquels les membres du groupe seront à l’aise. Les quelques outils répondant à cet objectif proposent des façons d’animer qui faciliteront la priorisation et la décision collectives.
Une fois que l’on détient l’ensemble des informations des étapes précédentes, on peut faire le bon choix d’activité d’animation.
Il est important de bien savoir comment utiliser ces outils et ces méthodes, sinon c’est inutile.
Un outil utilisé au mauvais endroit ou au mauvais moment peut même avoir des conséquences négatives sur le groupe et sur les résultats attendus.
La plupart du temps, une animation dans un contexte collectif vise à ce que les participantes et les participants échangent, s’expriment, fassent des choix, décident. Cependant, il peut devenir très difficile voire impossible d’y arriver en grand groupe, d’où l’utilité de former des sous-groupes. Le nombre élevé de participantes et de participants est un facteur, mais il peut s’avérer utile de le faire également avec un groupe qui se connaît peu ou un groupe plus « silencieux » (voir Connaître la culture et la dynamique du groupe).
Le travail en sous-groupes vise à créer des interactions plus en profondeur entre les participantes et les participants. En limitant le nombre de personnes (entre 4 et 8 idéalement), on peut plus facilement arriver à nommer les divergences et les convergences afin d’identifier les terrains communs. Le travail en sous-groupes exige cependant un retour en grand groupe. Il est important de ramener les principaux éléments de réflexion et de décision des différents sous-groupes à l’ensemble du groupe pour validation, modification ou bonification. On peut nommer un responsable par équipe à cet effet.
En grand groupe, trouver plusieurs personnes pour animer des sous-groupes peut représenter un défi de taille. Il est pourtant possible d’arriver à de très bons résultats sans animateur. En nommant clairement la tâche que les sous-groupes ont à accomplir, les participantes et les participants peuvent très bien arriver à s’autoanimer. Il peut être avisé également de préparer une feuille de consignes pour chacune des équipes de travail. On peut même demander à chaque équipe de se nommer des personnes qui agiront, par exemple, à titre de :
L’animateur peut alors circuler à travers les sous-groupes pour s’assurer que tout fonctionne bien et pour répondre à des questions d’éclaircissement. Il pourra ensuite animer le retour en grand groupe.
Même si une animation est très bien préparée, il est difficile de prévoir les imprévus! C’est pourquoi un bon animateur doit être à l’écoute d’éléments ou de dynamiques qui pourraient surgir lors de l’animation. Il doit faire preuve d’un bon jugement en nommant les imprévus qui doivent être traités sur place et ceux qui pourront être traités ailleurs ou ultérieurement.
Ajouter des éléments à une animation, qui plus souvent qu’autrement est déjà chargée, représente un défi. Il peut être pertinent de donner le pouvoir aux participantes et participants de choisir entre deux scénarios :
Être flexible, ça veut aussi dire de ne pas se cantonner nécessairement au temps prévu pour les activités. Il faut être en mesure d’allouer plus de temps à certaines activités et moins à d’autres, compte tenu de la manière dont elles se déroulent.
Il n’est d’ailleurs pas nécessaire que les participantes et participants connaissent le temps alloué à chaque étape du déroulement. Il est rare que la pause arrive au moment prévu ou qu’une animation dure le temps qu’on lui avait alloué. Il peut être suffisant qu’ils connaissent les étapes et la séquence de travail.
On ne peut pas animer un groupe de 50 ou 100 personnes comme on le fait avec un groupe de 10 personnes. La taille du groupe est une variable importante dans le choix d’une animation.
La plupart du temps, il est possible d’utiliser les mêmes outils d’animation, mais la façon dont on les utilise sera différente et adaptée. Pour un grand groupe, on favorisera d'abord le travail en sous-groupes, suivi d’un retour en grand groupe (voir Valider les conclusions). Cela exigera inévitablement plus de temps, bien qu’il soit possible de le faire de façon efficace.
Il est préférable d’opter pour de la coanimation lorsque le nombre de participantes et de participants est élevé. Celle-ci amène une dynamique intéressante et permet aux coanimateurs ou coanimatrices de mieux suivre et superviser de façon partagée les travaux en sous-groupes.
Il faut s’assurer que l’atteinte de l’objectif d’animation est possible dans le temps alloué à celle-ci. En effet, qui n’a pas déjà assisté à une rencontre où le plan de travail proposé était surchargé, ne laissant que peu de temps pour chacun des points à travailler de façon collective?
Il est possible d’utiliser certains outils d’animation en moins de temps que ce qui vous est proposé dans nos outils. Il faut seulement être conscient que le groupe ira moins loin dans le travail collectif et donc, il y a un risque qu’il y ait une moins grande appropriation de la démarche et des résultats.
De plus, il peut devenir frustrant et démobilisant pour les participantes et les participants de ne traiter les éléments souhaités qu’en surface ou d’être interrompus dans leurs échanges.
Comme on dit, il vaut mieux en faire moins et le faire mieux!
Avoir un ou plusieurs projets (ou idées, stratégies, pistes de travail, etc.) dont on souhaite évaluer la pertinence et la faisabilité et qu'on espère bonifier dans le cas où ils seraient jugés pertinents.
« Indéniablement, cet outil permet un regard global sur la pertinence et la faisabilité d'un projet (ou idées, stratégies, pistes de travail, etc.) parce qu'il pose les questions fondamentales, certes, mais aussi parce qu'il fait appel à l'intelligence collective. En peu de temps, il est possible de cerner ce qui pourra être mis à profit pour mettre en place le projet, ce qui manque, ce que ça rapportera de le faire, les embûches potentielles, etc. L'exercice permettra donc au final de se demander si le projet doit être mis en oeuvre et s'il faut le bonifier à la suite de l'éclairage apporté par l'exercice collectif d'analyse. »
En vous appuyant sur la description de l'outil et sur les éléments évoqués dans la section de la valeur ajoutée, expliquez aux membres du groupe les raisons qui motivent le choix de cet outil. Expliquez que les analyses ne seront pas exhaustives, mais qu'elles devraient permettre de faire ressortir l'essentiel pour faire des choix plus éclairés.
Avant d'analyser un projet, il doit d'abord être assez clair pour tous. Prenez le temps de vous en assurer.
Selon la taille de votre groupe, selon le nombre de projets à analyser en même temps et selon le temps disponible, une multitude de formules sont possibles. Voici trois scénarios pour vous inspirer.
Chaque équipe ou sous-équipe remplit l'outil avec le maximum de clarté et de concision, selon le scénario que vous aurez choisi.
Chaque équipe partage le fruit de ses travaux. Le reste du groupe est interpellé pour bonifier l’analyse et la valider (ou l’invalider le cas échéant). Un 2e tour d’analyse pour approfondir ou délibérer davantage sur les éléments de désaccord pourrait être nécessaire.
Une fois les analyses par angle validées, amener le grand groupe à se prononcer sur la pertinence du projet, son réalisme et sa faisabilité. Des ajustements au projet pourront ici être proposés pour augmenter le réalisme et la pertinence ou pour diminuer les risques d’échec.
Déterminer collectivement, selon le mode de prise de décision qui vous semble le plus approprié, les projets qui seront mis de l’avant.
Cet outil s’utilise très facilement en ligne. Il ne nécessite que d’avoir accès à des sous-groupes dans votre espace de rencontre et à une plateforme de collaboration en ligne pour garder des traces collectives des échanges (Google Doc, Padlet, Miro, etc.).
Escamoter un angle d’analyse parce qu’il est plus difficile à travailler, étant plus exploratoire par exemple, pourrait être un piège, car c’est parfois là que se cachent des détails insoupçonnés qui permettront d’innover.
Un autre piège, qui n’est pas unique à cet outil, est de ne pas prendre le temps de valider et de bonifier les analyses réalisées par les équipes. Il est important de nommer les désaccords ou les incertitudes pour que des analyses plus approfondies soient réalisées, permettant des choix encore plus éclairés.
Évidemment, certains angles d’analyse pourraient être remplacés par d’autres plus adaptés à certaines situations ou carrément retirés de l’exercice. Rappelons que l’important est de permettre une analyse sous plusieurs angles à la fois, qu’il y en ait trois, quatre ou six.
Cet outil est directement inspiré des multiples exercices d’analyse issus du domaine de la gestion de projets, mais aucune source spécifique n’a été utilisée pour sa construction.
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