Le document Rôles potentiels d'un acteur collectif
Tout d’abord, les participantes et participants se centrent sur eux-mêmes et abordent un point de vue individuel sur le travail collectif à venir. Ils sont ensuite invités à faire connaissance avec d’autres personnes, à échanger leurs points de vue sur la question et à considérer celui des autres. Cette activité permet aux personnes participantes d’approfondir et de clarifier leur pensée à force d’exposer tour à tour leurs idées et leurs opinions à des personnes différentes.
Il est facile de tourner en rond quand il s’agit d’explorer ou d’approfondir un sujet large ou encore un enjeu délicat avec un groupe, spécialement lorsqu’il est grand ou que les positions semblent polarisées au départ. Comme chacun souhaite que les réflexions collectives soient productives (qu’elles permettent des avancées significatives), nous vous proposons quelques outils qui permettront d’explorer des sujets, enjeux, idées, projets, de façon dynamique et participative, mais aussi de façon structurée.
Permettre à un groupe de partir ensemble sur les mêmes bases, avec le même langage, à la même place et en même temps est un défi que tout animateur rencontre souvent! Les outils répondant à cet objectif permettent donc de faire des pas en ce sens, soit en soutenant par exemple l’établissement d’un langage commun ou d’une compréhension commune, la connaissance d’une histoire partagée, la mise en lumières des avancées réalisées, etc. En somme, il y a là une variété d’outils pour partir du même pied!
Bien que certains éléments aient été mentionnés dans l’invitation, il est très important de démarrer la rencontre sur des bases communes.
Voici quelques éléments à camper en début de rencontre :
Une fois la rencontre bien campée, il est important de valider auprès des participantes et des participants si cela leur convient et s’il y a des éléments non traités ou à modifier ou bonifier.
Il est rare qu’une rencontre soit une finalité. La plupart du temps, c’est une étape parmi plusieurs. C’est pourquoi il est important, au début et à la fin de l’animation, de bien camper quelles seront les suites des travaux en cours, les étapes à venir.
Il est également important de mentionner les documents qui seront remis après la rencontre :
Attention aux plénières longues et répétitives! Pour ce faire, on doit trouver des moyens originaux en proposant des défis.
Par exemple:
Il est important de noter qu’il est préférable de donner 5 minutes de plus de travail aux sous-groupes pour boucler leur présentation que de voir chacun des sous-groupes prendre 5 minutes additionnelles lors de la présentation parce qu’ils n’ont pas réussi à synthétiser leur travail. On peut également donner des tâches ou des sujets différents à chacun des sous-groupes pour un retour en groupe plus intéressant.
La validation est un élément-clé d’une bonne animation. Il faut s’assurer que les éléments décidés collectivement soient compris et portés par toutes et tous. Cela nécessite donc une bonne capacité à ramasser les faits saillants des échanges et à synthétiser les éléments de décision.
Une bonne façon de s’assurer de la compréhension commune de l’aboutissement d’un échange est de commencer son intervention en disant :
Bien sûr, avoir ces éléments écrits visiblement pour l’ensemble des participantes et participants réduit les risques de multiples interprétations. Si nécessaire, on peut préciser les aspects qui ne font pas l’unanimité afin qu’ils puissent être retravaillés éventuellement, si les participantes et participants le souhaitent.
Une bonne façon de s’assurer de l’adhésion de tous à une prise de décision est de poser la question suivante :
S’il y a des ajustements à faire, mineurs ou majeurs, il est essentiel de prendre le temps de le faire, même si cela signifie de mettre de côté ce qui a été prévu plus tard.
La plupart du temps, une animation dans un contexte collectif vise à ce que les participantes et les participants échangent, s’expriment, fassent des choix, décident. Cependant, il peut devenir très difficile voire impossible d’y arriver en grand groupe, d’où l’utilité de former des sous-groupes. Le nombre élevé de participantes et de participants est un facteur, mais il peut s’avérer utile de le faire également avec un groupe qui se connaît peu ou un groupe plus « silencieux » (voir Connaître la culture et la dynamique du groupe).
Le travail en sous-groupes vise à créer des interactions plus en profondeur entre les participantes et les participants. En limitant le nombre de personnes (entre 4 et 8 idéalement), on peut plus facilement arriver à nommer les divergences et les convergences afin d’identifier les terrains communs. Le travail en sous-groupes exige cependant un retour en grand groupe. Il est important de ramener les principaux éléments de réflexion et de décision des différents sous-groupes à l’ensemble du groupe pour validation, modification ou bonification. On peut nommer un responsable par équipe à cet effet.
En grand groupe, trouver plusieurs personnes pour animer des sous-groupes peut représenter un défi de taille. Il est pourtant possible d’arriver à de très bons résultats sans animateur. En nommant clairement la tâche que les sous-groupes ont à accomplir, les participantes et les participants peuvent très bien arriver à s’autoanimer. Il peut être avisé également de préparer une feuille de consignes pour chacune des équipes de travail. On peut même demander à chaque équipe de se nommer des personnes qui agiront, par exemple, à titre de :
L’animateur peut alors circuler à travers les sous-groupes pour s’assurer que tout fonctionne bien et pour répondre à des questions d’éclaircissement. Il pourra ensuite animer le retour en grand groupe.
Une fois que l’on connaît les résultats attendus, c’est le temps de se demander de qui on a besoin pour atteindre ces résultats.
Vous pouvez consulter le module Reconnaître les parties prenantes, section Qui réunir quand? - Différentes approches, dans la section Comprendre et agir.
Le document Rôles potentiels d'un acteur collectif
« J’ai utilisé cet outil dans une foule de contextes et, chaque fois, les participants ont nommé à quel point il donnait de la clarté à ce qu’ils faisaient, et qu’il aide à faire des choix éclairés pour l’avenir. Ses forces sont qu’il permet, de façon relativement universelle, de démontrer qu’on peut agir collectivement de différentes façons et qu’il soulève, chez les participants, l’intérêt d’en discuter ensemble. »
Dans plusieurs cas, cet outil sera utilisé pour comprendre une situation donnée et se projeter dans la façon dont on souhaite agir ensemble. Il est donc important que les participants aient une compréhension commune du contexte dans lequel ils devront jouer ces rôles, des acquis réalisés à ce jour et mis à leur disposition, des opportunités ou des éléments d’incertitudes qui se présentent à eux, etc.
Voici quelques activités préalables qui pourraient être pertinentes avant d’utiliser l’outil:
Un travail préalable peut également avoir été fait par un petit comité pour présenter les principaux éléments de contexte, d’acquis ou de l’environnement qui pourront être bonifiés par les participants lors de la rencontre.
Tout d’abord, généralement, ce n’est pas un outil qu’on utilise tout bonnement pour générer des discussions. Il est important de bien présenter le contexte dans lequel on l’utilise et à quelle fin.
Regroupez les participants en équipes de 4 à 8 personnes. À partir de l’outil imprimé, demandez aux participants d’attribuer un pourcentage à chacun des rôles afin de déterminer dans quelle proportion chacun de ceux-ci est exercé par le collectif actuellement. Évidemment, le total des pourcentages doit atteindre 100% à la fin de l’exercice. (15 min)
Faites ensuite un retour en grand groupe où un représentant par table présentera le résultat de l’exercice aux autres. L’animateur anime ensuite un court échange afin de voir la convergence ou non des résultats et tenter de dégager une compréhension commune des rôles actuels. (15 min)
Dans la même perspective, en équipes de 4 à 8 personnes et en tenant compte des éléments présentés au préalable (voir Activités préalables possibles), demandez aux participants de se projeter dans l’avenir (ex.: dans 1 an, dans 2 ans) en attribuant encore une fois un pourcentage à chacun des rôles afin de déterminer dans quelle proportion chacun de ceux-ci devrait être joué à l’avenir par le collectif et, surtout, «pourquoi».
Pour cet exercice, vous pourriez prendre chacun des rôles et identifier une foule d’options plus spécifiques pour chacun d’entre eux et faire prioriser les rôles selon l’outil d’animation Pige dans le lac (ex.: partager nos pratiques autour des thèmes, x, y, z ou influencer et se positionner auprès de l’acteur x, y, z, etc.).
4- Présentation des résultats (30-45 min)
L’animateur invite un représentant par équipe à présenter les résultats de l’exercice avec l’argumentaire qui les soutient. À ce moment, les participants peuvent poser des questions de compréhension seulement.
Demandez ensuite à l’ensemble des participants d’identifier les éléments qui semblent converger de façon forte entre les équipes. Inscrivez sur une feuille de papier affiche les éléments mentionnés et qui font consensus. Cela constituera les bases d’un scénario collectif.
Prenez ensuite les divergences par ordre d’importance relative (selon l’animateur ou le groupe). Nommez la divergence, demandez à chaque équipe de justifier pourquoi elle a fait ce choix et pourquoi elle pense que ça devrait demeurer ainsi. Puis, demandez aux participants si d’autres options ou solutions mitoyennes pourraient être satisfaisantes. Engagez ensuite un dialogue visant l’obtention d’une réponse satisfaisante pour tous.
À travers les échanges, il se peut qu’on arrive à transformer la divergence en convergence. Il est également possible qu’on n’y arrive pas. Dans ce cas, l’animateur demande aux participants: «De quoi aurions-nous besoin, dans une prochaine étape, pour être en mesure de trancher sur tel ou tel autre élément?» La décision ne se prendra donc pas sur-le-champ, mais un plan de match se dessinera.
On continue de la même façon avec les différents éléments de divergence.
À la fin de l’exercice, les participants auront soit un scénario complet et satisfaisant, soit un scénario partiel qu’il faudra compléter à l’aide des différentes stratégies identifiées.
Mentionnez les prochaines étapes pour continuer à avancer vers la construction ou la mise en œuvre du scénario.
Il est important de faire un retour avec les participants sur l’expérience qu’ils viennent de vivre: questionnez-les sur leur niveau de satisfaction par rapport aux résultats obtenus, au processus pour y arriver, sur ce qu’ils espèrent pour la suite, etc.
Le plus grand piège de cette animation est d’utiliser l’outil sans établir une base de compréhension commune suffisante sur laquelle réfléchir pour la suite.Le plus grand piège de cette animation est d’utiliser l’outil sans établir une base de compréhension commune suffisante sur laquelle réfléchir pour la suite.
L’exercice est ici présenté pour réfléchir aux rôles globaux que joue un acteur collectif. Il pourrait cependant tout autant être utilisé pour définir de quelle façon il serait le plus pertinent d’agir collectivement autour d’un enjeux plus précis.
Une forme d’animation est ici suggérée. Cependant, cet outil est d’abord un outil de lecture d’une situation. Il peut donc être utilisé dans des animations plus simples ou encore, si le groupe est restreint, être utilisé comme base de dialogue entre les participants.
Selon le collectif auquel on s’adresse, l’outil peut être personnalisé en ajustant le vocabulaire pour qu’il soit plus adapté au domaine de pratique des participants.
En vous abonnant à nos infolettres, vous recevrez directement toutes nos nouvelles et ressources, ainsi que notre programmation de formations et nos outils. Une façon simple de ne rien manquer de nos actualités !
