Néanmoins, personne ne voulait faire mourir les protéquipes, parce que l’attachement à cette manière de faire ensemble était grand.
Nous avons donc passé une année à traverser toutes les étapes du deuil, sans vraiment y arriver. La nostalgie planait, les élans pour faire renaître ces espaces étaient bien réels, et un flou sur l’après amenait des frustrations.
Inspirée par ma formation sur les pratiques de présence et de rituel complétée à l’école Essentia, puis par le livre de Stéphane Crête, Marquer le temps, j’ai proposé à mon collègue Martin de créer un rituel pour marquer la fin, la mort officielle des protéquipes telles que nous les avons vécues. Ce rituel a pris la forme de confection de bombes de semence, en équipe, dehors, autour d’une grande table.
Les mains dans l’argile et dans le terreau, nous avons confectionné des bombes de semence de fleurs sauvages en nous remémorant les joies, les coups de cœur, les anecdotes vécues lors de nos expérimentations. Chacun·e notre tour, nous avons nommé ce que nous voulions conserver de cette expérience et amener avec nous dans la prochaine année. Puis, officiellement, nous avons dit adieu à nos protéquipes en repartant avec nos bombes de semences, à planter quelque part dans une craque fertile! Ce moment de rituel, simple, festif et puissant, nous a permis de rire et de prendre soin de notre rythme collectif.
