Le ton a été donné dès l'ouverture par la mairesse de Nicolet, qui a rappelé une vérité fondamentale applaudie par toutes et tous : nous habitons des territoires avec des limites géographiques et écologiques. Dans ce contexte, continuer de rêver à une expansion infinie et une croissance illimitée est une impasse. Pourtant, loin du constat d'échec, la reconnaissance de ces limites devient le point de départ d'une nouvelle façon de faire de la politique.
J’ai entendu des histoires inspirantes où l’on ne se bat plus seul·e dans son clocher. Plutôt que de s'épuiser à essayer de tout posséder, des élu·es choisissent de partager. On mutualise un directeur général avec le voisin, on crée des régies d'incendie communes, on se prête des camions de voirie lors des crises ou des systèmes de sonorisation et d’éclairage pour des fêtes de village. C’est une petite révolution de l’humilité d’admettre qu’on est plus fort·e ensemble et que la qualité du service à la population importe plus que le prestige d’avoir son propre équipement stationné dans le garage municipal.
Ce qui m’a le plus surprise et même un peu destabilisée, c’est cette audace de briser le tabou de la fiscalité par la pédagogie. Certaines personnes ont admis avoir gagné leurs élections en promettant… d’augmenter les taxes. Pourquoi? Parce qu’elles ont su lier chaque dollar à une vision concrète, comme le verdissement du cœur villageois ou la création d’une passerelle de mobilité active. Quand les gens voient leur milieu de vie se transformer, quand ils sentent que leur argent devient un investissement pour la fierté collective, les barrières tombent.
