La participation citoyenne ne doit pas se limiter à « celles et ceux qui parlent déjà fort et savent se faire entendre des instances politiques » : elle implique aussi de faire une place suffisante et de donner une véritable voix aux personnes et aux groupes moins entendus, moins présents et moins influents dans l’espace public. On associe spontanément ces voix sous-représentées dans le débat public à des personnes vivant en marge de la société – dans la rue ou complètement à l’extérieur de nos systèmes. Toutefois, dans une perspective territoriale, la marginalisation peut prendre des formes très différentes selon les contextes.
Dans un territoire marqué par une courbe démographique fortement vieillissante, les jeunes peuvent avoir l’impression que leurs besoins sont négligés. S’il n’est pas pris en compte, ce sentiment d’exclusion risque d’accentuer leur exode et contribuer à la dévitalisation du territoire. Dans une économie locale axée sur le tourisme, ce sont parfois les résidentes et les résidents permanents qui se sentent mis à l’écart, estimant que les politiques publiques et l’offre commerciale privilégient les personnes en visite au détriment de leurs propres besoins. Aussi, dans des milieux où les écarts socioéconomiques se creusent, certaines familles, déjà fragilisées financièrement et qui peinent de plus en plus à couvrir leurs besoins essentiels, voient leurs commerces de proximité se transformer pour répondre principalement aux attentes d’une clientèle plus aisée – un phénomène souvent associé à l’embourgeoisement.
Comprendre ces dynamiques exige une lecture fine des réalités propres à chaque communauté. C’est à cette condition que la participation citoyenne peut devenir réellement inclusive, structurante et porteuse de transformation sociale.
